dimanche 18 octobre 2026

LA FRANCE INSOUMISE : ALLAN

Faites connaissance avec les membres de la France Insoumise, par ordre alphabétique de leur prénom


Allan Brunon, 27 ans, est un militant et élu, membre de La France insoumise.


Élu conseiller municipal de Grenoble et conseiller métropolitain de Grenoble-Alpes Métropole à l’issue des élections municipales de 2026 , il préside depuis cette date les groupes La France insoumise au sein du conseil municipal de Grenoble et du conseil métropolitain.


Il est également président de la commission des finances de la Ville de Grenoble.


Militant politique engagé dans les luttes antifascistes, il est co-animateur du Réseau insoumis antifasciste. Et membre du Conseil d'Administration de l’Observatoire National de l'Extrême-Droite (ONED).


Allan Brunon naît à Grenoble au sein d’une famille franco-algérienne installée dans l’agglomération grenobloise depuis plusieurs décennies. Il grandit dans le quartier de la Villeneuve, dans le sud de la ville.


Dans plusieurs entretiens accordés à la presse à l’occasion des élections municipales de 2026, il présente ce quartier comme un élément central de sa trajectoire personnelle et de son engagement politique.


Par ses grands-parents, Allan Brunon revendique un héritage lié à l’immigration algérienne en France. Il indique que ceux-ci ont participé à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie avant leur installation dans la région grenobloise au début des années 1960. Son père exerce des responsabilités syndicales dans l’industrie grenobloise.


Dans un portrait publié par Le Dauphiné libéré en mars 2026, il explique que l’histoire de sa famille, son enfance à la Villeneuve et son environnement social ont contribué à façonner ses engagements politiques et associatifs.

  • 2022 : Candidat aux élections législatives dans la 7e circonscription du Rhône (NUPES)
  • 2022–2023 : Assistant parlementaire de Gabriel Amard

Né d'un père d'origine algérienne et d'une mère française, Allan Brunon a passé les deux premières années de sa vie à Grenoble. "Je suis né dans un quartier qui s'appelait Saintonge à Echirolles" [NDLR : quartier de la Villeneuve]". Lorsque son père, chef d'équipe à Pacific, perd son emploi après la fermeture de l'usine, direction le Nord-Isère où ce dernier retrouve un poste d’intérimaire.


"A Villefontaine, j’ai aussi vécu dans un quartier populaire. J'ai vu des amis d'enfance mourir dans des règlements de comptes, j'ai vécu le racisme, le mépris des professeurs, des institutions. Tout cela, ça vous façonne et ça vous donne une certaine rancoeur vis-à-vis de la société, des puissants, des patrons."


Lui canalise alors une partie de cette colère à travers les sports de combat. Il commence le MMA à l'âge de six ans, jusqu'à atteindre un niveau professionnel. Une énième blessure à la main l'oblige finalement à arrêter. Désormais, il dit exprimer cette même énergie dans son engagement politique.


La politique entre tôt dans la vie d'Allan Brunon. Il prend sa carte au Parti de gauche à l'âge de 16 ans, avant de suivre Jean-Luc Mélenchon dans la création de LFI.


"Je me suis politisé très jeune par la figure de mon père, qui était un syndicaliste, militant politique antifasciste. Et puis par l'histoire de ma famille, avec mon grand-père paternel qui était un combattant de l'Algérie libre et mon arrière-grand-père maternel qui était résistant communiste à Grenoble", raconte-t-il.


Quelques années plus tard, alors qu'il étudie les sciences politiques et l'histoire à l'Université Jean-Moulin Lyon 3, Allan Brunon devient attaché parlementaire du député LFI Gabriel Amard. Mais le jeune militant se fait également remarquer au sein du mouvement.


En 2022, Allan Brunon revient à Grenoble. Il y décroche un master à Sciences Po et se présente aux élections législatives dans la dixième circonscription de l'Isère. Il arrive en troisième position avec 24 % des voix au premier tour. Quatre ans plus tard, il entre au conseil municipal de Grenoble sur la liste de Laurence Ruffin, au profit d’une "alliance technique" conclue entre la maire et LFI. Cette alliance n'empêche pas les relations entre les deux élus de rapidement se tendre.


Tantôt présenté comme militant d'extrême gauche ou d'extrême droite, de masculiniste, d'homophobe ou de celui qui ne se laisse pas faire, Allan Brunon sait faire parler de lui.


L'étiquette, il la rejette également lorsqu'est évoqué un épisode survenu en mars 2026. Allan Brunon avait alors qualifié un citoyen de "sale tapette". Selon lui, l'homme venait de s'en prendre physiquement à une militante LFI. "Si des gens ont l'habitude de baisser la tête et de se laisser faire, ce n'est pas mon cas. Ma règle, c'est qu'avec moi, personne ne s'en prend à des amis ou à des insoumis", justifie-t-il.


Il reconnaît toutefois une erreur sur la forme : "La seule chose que je regrette, c'est l'utilisation de cette insulte, qui peut être blessante pour les personnes homosexuelles. Je ne l'utiliserai plus."


Mais l'insoumis a à nouveau fait parler de lui, cette fois à l'échelle nationale, lors du concert de Barbara Butch au Cabaret frappé : contre la venue de la DJ française, car celle-ci, d'origine israélienne, s'était prononcée en faveur de la loi Yadan, il avait appelé au boycott du concert.


La scène a été filmée par des spectateurs, le 18 juillet dernier : après 20 minutes sur scène, la DJ Barbara Butch est soudain interrompue. Une centaine de défenseurs de la cause palestinienne surgissent dans la fosse arborant des drapeaux palestiniens. Objets et insultes fusent. Parmi les manifestants, Allan Brunon.


"Si violences il y a eu, on les condamne." Après l'interruption du concert de Barbara Butch, il reconnaît son implication. Mais l'élu refuse de réduire l'affaire à cet épisode. Selon lui, plusieurs tentatives avaient précédé l'action : discussion en conseils municipaux, puis campagne de boycott, sans succès.


"On a essayé la voie de la discussion pendant deux conseils municipaux, cela n'a pas marché. On a fait une campagne de boycott, mais la municipalité a décidé de maintenir le concert", explique-t-il.


Pour lui, la "fusion technique" avec Laurence Ruffin était purement stratégique. "Il était préférable d'avoir Laurence Ruffin plutôt qu'Alain Carignon." Désormais conseiller municipal, Allan Brunon dit préparer le terrain pour Jean-Luc Mélenchon en 2027… mais aussi son concours d'avocat, car "on ne fait pas de la politique toute sa vie."


Pour l'heure, il se concentre uniquement sur la présidentielle. L'objectif : "Construire la France insoumise localement, l'amplifier, déployer des groupes d'action dans chaque quartier de Grenoble pour que d'ici le début de la présidentielle, chaque quartier soit maillé par un groupe d'action, avec des insoumis qui, dans chaque immeuble, soient correspondants d'immeubles et distribuent des tracts. On a apporté la démonstration concrète qu'on était en capacité de faire 15 % en ayant une liste depuis je ne sais combien de temps dans cette ville, ce n'est pas rien. La prochaine fois, on prendra la Ville. Mme Ruffin le sait : elle fait simplement chauffer nos sièges. Et en 2033, on s'assoira dessus."


Et si Jean-Luc Mélenchon est élu président ? "Après, on verra. Ma personne ne m'intéresse pas, le combat que je porte va au-delà de moi. Si on considère que je suis le plus outillé pour prendre une fonction, j'irai. Le but, c'est de faire en sorte que le projet qu'on porte soit hissé le plus haut possible." Agathe Legrand

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