mercredi 21 octobre 2026

LA FRANCE INSOUMISE : BALLY

Faites connaissance avec les membres de la France Insoumise, par ordre alphabétique de leur prénom


Bally Bagayoko, 53 ans, est un homme politique français.


Issu d'une famille originaire du Mali, il est cadre de la RATP. Il est adjoint des différents maires communistes de Saint-Denis de 2001 à 2020, ainsi que vice-président du département de 2008 à 2015.


Il perd son mandat de conseiller général face au socialiste Mathieu Hanotin en 2015 puis, après avoir rejoint La France insoumise en 2017, l'affronte à nouveau lors des élections municipales de 2020 où il mène la liste insoumise. Son retrait au second tour en faveur de la liste communiste n'empêche toutefois pas la victoire de Mathieu Hanotin.


Après un nouvel échec face à l'édile socialiste lors des élections départementales de 2021, il parvient à former contre lui une liste alliant les insoumis et les communistes pour les élections municipales de 2026. Remportant l'élection dès le premier tour, il permet à La France insoumise de remporter sa première commune de plus de 100 000 habitants. Son élection provoque en parallèle une vague de désinformation et de nombreuses attaques racistes.


Bally Bagayoko est né à Levallois-Perret. Il grandit dans le quartier Dourdin de Saint-Denis au sein d'une famille d'origine malienne dont le père est mécanicien. Il est diplômé de l'université Paris-VIII en géopolitique et titulaire d'une maîtrise de sciences et techniques (MST) spécialité « connaissance des banlieues » de cette même université . Il est père de quatre enfants.


Basketteur en Nationale 2 , il entraîne l'équipe de basket du Saint-Marsaud est secrétaire général de la ville de Saint-Denis sous les mandatures de Marcelin Berthelot et Patrick Braouezec de 1981 à 1999, avant de devenir directeur général adjoint à la Régie autonome des transports parisiens (RATP) et secrétaire général du PCF de Saint-Denis. Séduit par son leadership, il le présente au maire Patrick Braouezec, qui l'engage comme animateur jeunesse dans le quartier du Franc-Moisin. Devenu élu municipal, il aurait ensuite été engagé « sans concours ni entretien » comme cadre à la RATP, où Jacques Marsaud aurait favorisé son embauche comme référent banlieues, puis chargé du développement territorial dans le Val-d’Oise , département où la RATP n'exploite qu'une seule ligne de transport. La RATP réfute les propos du « Canard enchaîné » et déclare qu’il « a été recruté en 2001 après avoir passé les entretiens d’embauche puis ceux préalables à la titularisation comme c’est le cas pour tous les agents RATP au statut ». Elle précise également qu’il « n’y a pas de concours pour intégrer la RATP comme c’est le cas dans la fonction publique, car les agents RATP ne sont pas fonctionnaires ».


Bally Bagayoko est élu conseiller municipal à Saint-Denis dès 2001. Dès 2002, il devient adjoint au maire Patrick Braouezec chargé de la communication et des nouvelles technologies de l'information, avant de prendre en charge la jeunesse en 2004, sous le mandat de Didier Paillard, puis de 2014 à 2020 adjoint au maire de Didier Paillard, puis de Laurent Russier chargé des sports, de l'emploi et de l'insertion.


De 2008 à 2015, il est conseiller général du canton de Saint-Denis-Nord-Est et vice-président au conseil général de la Seine-Saint-Denis. En plus de ces deux mandats électifs, il conserve son emploi à la RATP. Durant l'été 2026, l'hebdomadaire « Le Canard enchaîné » médiatise cet emploi et s'interroge sur l'effectivité de son temps de

travail, ce qui conduit l'association « AC !! Anti-corruption » à déposer plainte pour demander à la justice de s'en assurer. La RATP « conteste l’ensemble des informations relayées par l’hebdomadaire ».


En 2012, il rejoint le mouvement « Ensemble », au sein du « Front de gauche ». Alors que Didier Paillard a été réélu en 2014, il démissionne de sa fonction de maire dès 2016. Dans les débats internes de la majorité municipale, le communiste Laurent Russier est préféré à Bally Bagayoko. Il attribue ce choix à sa couleur de peau, à son audience jugée limitée aux quartiers et son absence d'adhésion partisane, mais en conçoit une forme d'injustice qui le conduit à choisir La France insoumise (LFI) en 2017 afin de s'affirmer : « Je suis à LFI depuis 2017, parce que le PCF dont j'étais l'allié ne m'a pas donné ma chance ». Aux élections législatives de 2017, il souhaite se présenter dans la 1re circonscription (quartier de la Plaine, Saint-Ouen, L'Île-Saint-Denis, Épinay-sur-Seine), mais il se désiste pour soutenir l'insoumis Éric Coquerel.


Il se présente avec l'étiquette LFI à l'élection municipale de 2020 face à Laurent Russier , où il finit en troisième position derrière les socialistes et les communistes. Inquiet de la loyauté de leurs colistiers pour élire le maire, les communistes posent des conditions rendant impossible la fusion des deux listes, si bien que Bally Bagayoko retire sa liste et sort du conseil municipal. Lors de l'élection municipale de 2026, il remporte dès le premier tour la mairie de Saint-Denis sous l'étiquette LFI, alliée au Parti communiste français. Pendant sa campagne, il met en avant sa proximité avec les habitants de la ville et son enfance en HLM dans un quartier populaire, tout en soulignant son expérience de gestion municipale.


Saint-Denis devient la première ville de plus de 100 000 habitants administrée par La France insoumise. Bally Bagayoko déclare vouloir incarner la « Nouvelle France » promue par Jean-Luc Mélenchon. Son élection est très médiatisée et suscite un fort impact, en France et dans plusieurs pays africains francophones.


Interrogé par Apolline de Malherbe sur le plateau de RMC quelques jours après son élection au sujet du concept de « Nouvelle France », il dit ne pas apprécier le terme de « racisés », préférant parler de lui comme « héritier de l'immigration» .


Au soir de l'élection le 15 mars, il reprend la formule du poète communiste Jean Marcenac : « Ville des rois morts et du peuple vivant » sous la forme « Ville des rois et du peuple vivant ». Il est alors l'objet d'attaques racistes par la fachosphère et plusieurs personnalités d'extrême droite, qui propagent l'infox selon laquelle il aurait dit « Noirs » au lieu de « rois », l'accusant d'être « ségrégationniste ». La fausse nouvelle est reprise sur France 5, BFM TV et France Info . D'autres désinformations, issues de l'extrême droite et propagées par certains médias le visent. Ces infox suscitent une grande indignation et des protestations parmi la gauche politique et des médias qui

dénoncent un traitement raciste.


Visé par des propos racistes tenus sur le plateau de CNews le 27 mars 2026 par le psychologue Jean Doridot et le philosophe Michel Onfray, le maire de Saint-Denis annonce porter plainte et souhaite un « grand rassemblement » pour lutter contre le racisme. Dans la foulée, plusieurs parlementaires annoncent saisir l'Arcom, à la suite des propos tenus sur la chaine du groupe Bolloré. Bagayoko appelle quant à lui à la fermeture de CNews. Après un silence de plusieurs jours , les ministres de l'Intérieur et de la Culture, Laurent Nuñez et Catherine Pégard, dénoncent des « attaques ignobles », et le footballeur Lilian Thuram des « attaques racistes » qui « nourrissent les stéréotypes ancestraux de la négrophobie » ainsi qu'un « narcissisme blanc ». Bally Bagayoko porte plainte et le préfet de la Seine-Saint-Denis se constitue partie civile. Deux enquêtes sont ouvertes, une pour « injure publique » à caractère raciste et l'autre pour le cyberharcèlement dont l'élu a été victime à la suite de l'émission de CNews.


En réaction aux nombreuses attaques racistes dans les médias, il organise le 4 avril un rassemblement contre le racisme auquel plusieurs dizaines de milliers de personnes participent place Victor-Hugo. Les personnalités de droites et du gouvernement en sont absentes, dont Aurore Bergé, ministre chargée de la lutte contre les discriminations, ce qui est dénoncé par SOS Racisme, qui condamne aussi le silence d'Emmanuel Macron. Ce dernier lui apporte finalement son soutien le 14 avril, ce que le maire de Saint-Denis trouve « tardif ». Une autre manifestation a lieu le 21 juin, qui rassemble plusieurs milliers de personnes à Paris.


Cependant, quelques semaines plus tard, il est encore ciblé sur ses origines par l'éditorialiste de CNews Vincent Hervouët pour regretter la décolonisation : « On a perdu le Mali et on a monsieur Bagayoko en échange ». Le 11 juin, Bally Bagayoko porte plainte contre une banderole raciste appelant à la « remigration » accrochée sur la basilique par un groupuscule identitaire, «Objectif Remigration», issu du groupe d’extrême droite Les Natifs.


Bally Bagayoko annonce dans la foulée de son élection engager un processus de désarmement progressif de la police municipale, en commençant par les lanceurs de balles de défense (LBD), qu'il juge peu contrôlables et aux effets potentiellement graves et dont il demande qu'ils ne soient plus montrés sauf nécessité, avant de soumettre à référendum une nouvelle doctrine de la police municipale devant définir un nouveau niveau d'armement. Il décide également de ne plus engager seule la police municipale sur les lieux de trafic. Il entend enfin redéployer une partie des moyens budgétaires dédiés à la sécurité vers de mesures de gratuité sur les transports en commun et de fournitures scolaires, ainsi qu'un vélo pour les élèves en classe de troisième, alors qu'il déclare dans Le Monde : « Je vais maintenir les 135 policiers municipaux et le nombre de caméras pendant toute la durée de mon mandat ». Deux mois environ après sa prise de fonction, Bally Bagayoko déclare qu'une « vingtaine » de policiers municipaux, dont le chef de la police municipale, ont quitté les effectifs de la commune depuis son élection. Bally Bagayoko s'engage toutefois à les remplacer, tout en reconnaissant des difficultés de recrutement, qui concernent de nombreux territoires en France.


Lors des canicules de mai - juin 2026, l'opposition reproche à Bally Bagayoko de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour rendre possible la baignade dans le canal Saint-Denis à l'été 2026, comme cela a été fait à Paris dans le canal Saint-Martin. Il a toutefois rendu les piscines gratuites.


En mai 2026, il décroche le portrait officiel du président de la République, Emmanuel Macron, de son bureau à la mairie de Saint-Denis. Ce geste lui vaut un « rappel à l'ordre » du préfet de Seine-Saint-Denis, bien que l'accrochage de ce portrait dans les mairies ne soit pas une obligation légale, étant davantage un usage consacré par la tradition républicaine. Bally Bagayoko ouvre le premier meeting de campagne pour l'élection présidentielle française de 2027 de Jean-Luc Mélenchon, le 7 juin sur la place Victor-Hugo à Saint-Denis, qui réuni 26 000 personnes.


Devenue maire, il annonce dès mars 2026 son intention de présider l'Établissement public territorial Plaine Commune. Il est élu le 21 avril face à la candidature du maire de Saint-Ouen-sur-Seine, Karim Bouamrane. Il cumule cette responsabilité avec les présidences de la SEM et de la SPL Plaine Commune Développement.


En juin 2026, Plaine commune exprime un avis négatif à l'enquête publique sur le projet du Syndicat des eaux d'Île-de-France de doter son usine de production d'eau potable de Neuilly-sur-Marne d'un dispositif de filtration par osmose inverse basse pression et exprime le souhait de quitter le giron du SEDIF à moyen terme, mais son président Richard Dell'Agnola exprime son opposition à cette intention.


Bally Bagayoko et des membres de sa majorité sont désignés au conseil d'administration de Suivez la flèche, chargée de la reconstruction de la flèche de la basilique Saint-Denis, dont il brigue alors la présidence en juillet 2026. Il fait face à la candidature de Stéphane Bern qui rassemble plus de soutiens, ce qui conduit Bally Bagayoko à se désister au dernier moment— tout en dénonçant des « manquements juridiques » — et une partie de ses soutiens à quitter la séance. L'ancien maire apparenté PCF Patrick Braouezec en 2016, puis le maire PS Mathieu Hanotin n'avaient pas eu de candidatures alternatives face à eux , si bien que Bally Bagayoko s’interroge de cette « candidature surprise » et pensait « décrocher le poste de droit » . Stéphane Bern confirme que c'est l'État, propriétaire de la basilique, qui l'avait invité à se présenter.


Après s'être exprimé en 2025 contre la possible interdiction du voile dans la pratique sportive, il exprime durant l'été 2026 son opposition à la loi de 2004 interdisant le port de signes religieux dans les écoles publiques : « Sous couvert du principe de laïcité, certaines lois viennent remettre en cause certains droits fondamentaux. Depuis une vingtaine d’années, ces lois auraient pour objet, cibler la communauté musulmane. Donc je ne m’inscris pas dedans ».


Lors du mouvement lycéen de 2026, Bally Bagayoko se rend à plusieurs reprises devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis afin de soutenir les élèves mobilisés, tout en appelant au calme, et défend publiquement sa présence auprès d'eux. Le 6 octobre 2026, lors de la manifestation parisienne de l'« acte 3 » du mouvement, il est filmé en train de s'interposer entre de jeunes manifestants et les forces de l'ordre en criant « Arrêtez ! Reculez ! », puis recevant du sérum physiologique dans les yeux après avoir été touché par du gaz lacrymogène. Ces images sont largement reprises par la presse étrangère, notamment The Guardian, CNN, Reuters, la BBC, Al Jazeera English ou La Stampa ; El Mundo le présente comme une « icône de la révolte étudiante ». Interrogé par ces médias, il accuse les forces de l'ordre d'avoir chargé des lycéens qui, pour la plupart, ne se montraient pas agressifs, et explique préférer qu'une violence policière le vise lui plutôt que des mineurs, ajoutant que « les lycéens qui se trouvaient dans la rue pourraient être [ses] enfants ».

Le 9 octobre 2026 la conseillère d'arrondissement LR du 15e arrondissement de Paris Charlotte Rocher relaie le média d’extrême droite L'Infiltré et repris par Valeurs Actuelles qui reproche à la majorité municipale de s'être abstenu lors d'un vote le 24 septembre 2026 sur un « Vœu pour la protection des filles et des femmes contre l’excision et les mutilations sexuelles féminines et pour l'adoption de la loi intégrale VSS » (violences sexistes et sexuelles) qui est adopté sans ses voix. Le même jour, Bally Bagayoko relaie un communiqué affirmant partager les considérants du texte contre l'excision, rappelant que près de 500 patientes sont suivies chaque année dans la commune et saluant le travail de la Maison des femmes de l'hôpital Delafontaine et des associations. La majorité municipale explique avoir refusé de soutenir la proposition de loi intégrale car « cela aurait revenu à donner un blanc-seing à un texte dont nous ne connaissions pas le contenu, et pour lequel nous émettions un certain nombre de réserves ». Wikipédia

Bally Bagayoko

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